Le vent froid du soir souffle entre les jambes de Clémentine. Elle frissonne dans sa jupe rouge. Dans quelques minutes, elle montera dans le train et il commencera son long voyage à travers la nuit. De longues heures de travail l’attendent. Elle regarde les voyageurs monter à la hâte. Tant de gens qu’elle ne connaitra jamais et qui pourtant partageront sa nuit dans cette immense chambre de métal. Le regard de Clémentine est flouté par la fatigue et l’ennui à l’idée d’encore un voyage comme les autres. Comme pour contredire ses pensées, deux personnages émergent au coin de sa vision. Elle est consciente de leur présence et de ce qu’iels dégagent avant même de vraiment les distinguer. Puis, iels se rapprochent et elle peut les regarder : deux femmes, une blonde aux cheveux bouclés et une brune, toutes deux portant de longs manteaux. La femme blonde marche légèrement derrière la brune et porte une grande valise rectangulaire en cuir, aux coins métalliques où vacille la lumière blême des lampes du quai. Au milieu des autres passagers, dont les gestes hâtifs et désorganisés rappellent le mouvement brownien de particules inanimées, les deux personnages se démarquent par leur pas lent mais décidé. Clémentine les voit nettes maintenant et les regarde fixement, oubliant sa propre réalité physique. Comme si elle l’avait instinctivement détectée, la femme blonde tourne la tête et plonge longuement ses yeux noisette dans ceux de Clémentine. Cette dernière a juste le temps de voir le scintillement multiple, des yeux et d’un collier doré qu’elle devine à son cou, avant que le regard de l’inconnue ne reprenne sa ligne droite. Sans que la brune n’ait dévié son regard ou sa trajectoire, les deux femmes montent dans le train. Clémentine ne peut s’empêcher de noter mentalement le numéro de leur voiture.
Clémentine parcourt le train, jetant un regard distrait sur les voyageurs somnolents. Tout est calme. En entrant dans la voiture des inconnues de la gare, son esprit se fait plus alerte, animé par une envie de les revoir qu’elle s’avoue à peine. C’est une voiture de compartiment privés, qu’elle ouvre un à un, le cœur battant de plus en plus vite à chaque essai où elle ne trouve pas les deux femmes. Alors qu’elle a presque fini la voiture, un compartiment ne s’ouvre pas. La porte a été bloquée. Clémentine entend des murmures à l’intérieur.
— Ouvrez s’il vous plait. Contrôle des titres de transport, ment Clémentine.
Après un long silence, la porte s’ouvre finalement et la femme blonde apparaît dans l’ouverture, les cheveux décoiffés, les joues légèrement rouges. Clémentine voit maintenant de plus près ce qu’elle avait aperçu sur le quai : l’inconnue porte un anneau d’or autour du cou. Clémentine regarde dans le compartiment et voit la femme brune assise à la fenêtre, une jambe repliée sur la banquette. Elle porte un pantalon bleu sombre large et fluide, orné d’une ceinture à grande boucle, et un haut blanc aux manches roulées à ses coudes. Si la blonde paraît se réjouir de l’arrivée de Clémentine, la brune affiche un air agacé de ce qu’elle perçoit visiblement comme une intrusion illégitime. Clémentine se sent légèrement honteuse, comme si le motif réel de sa visite était deviné. Puis, en colère contre cette femme, et contre elle-même de réagir comme cela :
— Mesdames, pour des raisons de sécurité, il est interdit de bloquer la porte des compartiments. Je vous demande de la laisser ouverte pour le reste du trajet.
La brune hausse un sourcil.
— C’est embêtant, nous avons absolument besoin d’intimité et ne voulons pas être dérangées d’avantage.
— C’est contre notre politique, les portes ne doivent pas être verrouillées quand le train est en marche, s’obstine Clémentine.
Elle voudrait faire ravaler son arrogance à la passagère, tout en espérant qu’elle ne cède pas, ce qui la ferait quitter la compagnie des inconnues et poursuivre sa morne marche.
— Peut-être pouvons-nous trouver un arrangement Mademoiselle ? J’étais sur le point de corriger mon assistante, Paule, qui n’a pas réservé le bon compartiment. Comme vous le savez, la vue est totalement banale de ce côté du train, il me faudra donc une autre source de divertissement pendant le trajet.
— Une erreur tragique. Je comprends la colère de Béatrice, confirme ladite assistance sans que son visage n’exprime le moindre regret.
Clémentine ne sait pas comment interpréter cette réponse. Pensent-elles vraiment la faire fléchir avec un pot de vin ? C’est insultant. Sentant l’hésitation de Clémentine, Béatrice poursuit.
— Peut-être aimeriez-vous rester avec nous et observer, puisque l’intimité nous est refusée ? Je vois que vous admirez Paule. Vous pouvez la regarder de plus près.
Sur un signe de main de Béatrice, Paule s’avance vers Clémentine et déboutonne sa robe, dévoilant son corps entièrement nu. Seul l’anneau, qui se révèle lié à une mince chaine d’or trainant dans son dos, l’habille. Clémentine rougit, un peu honteuse que son regard ait été remarqué et n’osant pas porter ses yeux sur Paule.
— Allons, faites honneur à ce corps si beau, êtes-vous si timide ?
Clémentine est vexée. Pour qui cette femme se prend-elle ? Elle se rappelle soudain de sa position et s’enhardit.
— Ce genre de comportement est totalement interdit dans nos trains, commence-t-elle, donnant le plus d’assurance possible à sa voix. Je peux exceptionnellement fermer les yeux sur cette infraction…. Mais je veux plus que juste regarder, conclut-elle en fixant Béatrice.
La seconde de silence qui suit ses mots s’étire infiniment dans l’esprit de Clémentine, qui est immédiatement gagnée par l’anxiété de se couvrir de ridicule. Comment a-t-elle osé dire ça ? Mais le visage de Béatrice se couvre d’un grand sourire.
— Mademoiselle, je suis ravie que nous soyons sur la même longueur d’onde.
Comme dans un rêve, pas sure de comprendre ce qui lui arrive, Clémentine verrouille la porte du compartiment.
— Ah vous avez une clef dédiée, comme nous avons de la chance d’être tombées sur vous. Paule, propose tes seins à notre invitée.
Paule s’avance un peu plus vers Clémentine, les seins portés dans ses mains, comme tendus vers elle. Tentant de masquer son intimidation qui la fait trembler, Clémentine pose ses doigts sur les seins de Paule et les caresse, les malaxant de plus en plus fermement alors que l’excitation chasse sa peur.
— Ils vous plaisent ? J’allais les décorer un peu, vous pouvez m’aider.
Béatrice lui tend une fine chaine, semblable à celle attachée au cou de Paule. Aux bouts de la chaine, de petites pinces dorées.
— Habituellement, je demande à Paule de les mettre elle-même, pour mon plaisir de la voir comme ça. Mais cela peut vous amuser de les mettre…
Clémentine presse sur une pince, qui ouvre sa bouche dévoilant des dents minuscules et pointues. Elle place la pince sur un téton et laisse les dents se refermer sur lui tandis que Paule pousse un petit cri. Quand elle a placé la seconde pince, elle se tourne vers Béatrice, tandis que Paule respire lourdement, les yeux clos, semblant accueillir la douleur. Béatrice sourit.
— Venez donc vous asseoir à côté de moi, vous semblez anxieuse, Paule lèche à merveille, ça vous détendra.
Les jambes tremblantes, sans que son esprit ne traite vraiment la situation en cours, Clémentine s’avance vers Béatrice. Juste avant de s’asseoir, et après une hésitation, elle annonce :
— J’ai un très gros clitoris.
Béatrice la regarde en souriant, haussant les deux sourcils cette fois, puis lui répond.
— Mais cela nous convient parfaitement mademoiselle.
Une fois Clémentine assise, Béatrice lui tend la chaine d’or reliée au cou de Paule.
— Tenez, comme cela vous pourrez ajuster sa tête sur vous.
La vue et les pensées de Clémentine deviennent floues quand Paule se me met à genoux devant elle et remonte rapidement les mains le long de ses jambes. Béatrice palpe la poitrine de Clémentine. Puis elle déboutonne sa chemise d’une main et plante ses longs ongles peints de gris perle dans un sein. La douleur aigue accroit son excitation et Clémentine sent tout son corps se tendre.
— Il est bien rond et ferme, lui murmure Béatrice à l’oreille.
Quand Paule arrive entre ses cuisses et lui enlève sa culotte, Clémentine ne pense plus à rien. Elle est seulement consciente des bouches sur elle, celle de Paule sur son sexe et celle de Béatrice sur son cou. Le peu de contrôle qui lui reste lui permet de mêler les doigts d’une de ses mains aux boucles de Paule et ceux de l’autre à la chaine. Elle entend les succions de Paule, la respiration grave de Béatrice sur sa peau, et les battements de son propre cœur. Le temps s’arrête.
Béatrice prend le visage de Clémentine et lui fait tourner la tête vers la sienne.
— Ca te plait ? Tu veux finir ?
— Oui, gémit Clémentine.
— Alors quand nous en aurons fini avec Paule, ce sera ton tour, je m’amuserai avec toi à ma guise. Tu es d’accord ?
Clémentine se sent paniquer. Que lui veut-elle ? Ses désirs sonnent comme des menaces… Béatrice semble déçue du silence de Clémentine.
— Alors tu peux arrêter, Paule.
— Non, non, j’accepte, continuez, supplie Clémentine.
— C’est bien, conclut Béatrice, et elle lui mord la lèvre longuement, de plus en plus fort en tirant, jusqu’à ce qu’une goutte de sang glisse sur sa langue tandis que le liquide chaud coule dans la bouche de Paule.
Clémentine n’a pas le temps de se remettre de ses émotions. Tandis que Paule lui embrasse les jambes, Béatrice poursuit :
— Cette interruption était finalement très agréable, n’est-ce pas Paule ? Mais je n’ai pas oublié ta correction pour la mauvaise réservation… Mademoiselle la contrôleuse, je vous propose de choisir et effectuer la punition.
— Oh je ne saurais pas dire ni faire… rougit elle.
— Ne vous en faites pas, nous avons plein de propositions.
Sur un geste de la tête de Béatrice, Paule apporte la valise et la présente à Clémentine, à genoux devant elle.
— Ouvrez, n’ayez pas peur, lui susurre Béatrice.
Clémentine ouvre le loquet déjà déverrouillé puis soulève le couvercle, dévoilant un intérieur tout de bois et velours rouge, avec de nombreux tiroirs.
— Puisque vous êtes plutôt… débutante… je vous suggère le deuxième tiroir, où vous trouverez des objets … intuitifs à manier dirons-nous.
Le tiroir est rempli de floggers de divers tailles et matériaux. Clémentine n’en a jamais vu mais leur utilité parait évidente. Paule la regarde avec appréhension et gourmandise, les paupières légèrement baissées et la bouche esquissant un sourire. Attirée par sa texture, Clémentine saisit un flogger en daim rouge. Il est lourd et doux au toucher. Ses compagnes semblent approuver son choix et se regardent avec connivence. Paule referme la valise et la pose de côté. Après un regard interrogateur à Béatrice, elle s’allonge sur la banquette inoccupée en face, où une vaste couverture avait été étendue. Béatrice se lève et fait signe à Clémentine.
— Mademoiselle la contrôleuse, vous pouvez procéder.
Lees pieds et la tête de Paule frottent les poils de la couverture, ses cheveux s’élèvent dans les airs autour de son visage par l’électricité statique. Clémentine caresse doucement son corps avec les lanières de daim. Paule semble tour à tour se détendre puis se contracter, frissonnant sous cette caresse ambiguë. Béatrice semble satisfaite de l’exécution de Clémentine. Elle est venue s’asseoir sur le sol devant la banquette pour mieux profiter du spectacle et tirer doucement les cheveux de Paule. Son air fier laisse place à un grand sourire. Elle pose sa tête sur ses bras et dit à Clémentine :
— Ne la laisse pas savoir si ce sera fort.
Clémentine comprend instinctivement l’instruction. Elle secoue le flogger, jouant avec son bruissement près des oreilles de Paule. Elle continue sa caresse, mais parfois frappe lentement les lanières contre la peau. Pas assez fort pour lui faire mal, assez pour la faire douter. Les mouvements de pieds de Paule deviennent plus erratiques. Béatrice lui plonge dans la bouche le bout de son doigt, qu’elle suce frénétiquement. Clémentine voit la mâchoire de Paule se contracter lorsqu’elle lui inflige le premier coup véritable, sur la hanche. Elle voit Béatrice sourire du plaisir de son doigt mordu. Cette réaction en chaine donne confiance à Clémentine. Elle frappe de plus en plus vite et fort sur les hanches, fesses et jambes de Paule. Cette dernière se convulse et rougit, ses fins cheveux dorés fous autour de son visage, parfois recrachant le doigt pour gémir puis le ré-aspirant frénétiquement comme pour respirer. Clémentine se sent remplie d’une sensation nouvelle, comme si elle avait bu un élixir chaud et magique, lui faisant ressentir tout son corps comme une délicieuse brulure. Elle n’en croit pas ses yeux de voir Paule réagir comme cela à ses coups. Intimidée par les rougeurs qui apparaissent sur la peau là où elle l’a frappée, Clémentine reprend les mouvements plus doux. Elle voit le corps de Paule se détendre de ce répit, se tourner sur le dos, une jambe pliée et l’autre allongée. Clémentine lui caresse le bas ventre, le haut des cuisses, puis passe lentement les lanières entre les jambes de Paule, qui expire un long gémissement sourd. Clémentine se sent perdre pied quand une des lanières ressort humide et blanchie. Béatrice laisse également sortir un son d’approbation. Clémentine laisse lentement trainer la lanière sur le corps de Paule, jusqu’à sa bouche. Tandis qu’elle lèche la lanière, Béatrice lui murmure à l’oreille :
— Nettoie la bien.
Oubliant sa tâche, Clémentine tombe à genoux devant Paule et embrasse ses jambes. Elle passe ses lèvres sur sa peau, sentant les différences de chaleur entre les zones rougies de frappes et les autres. Les yeux fermés, elle caresse sa joue sur la douceur du ventre de Paule et remonte ses doigts jusqu’aux seins. Elle sent la respiration de Paule sous sa joue, à la peau qui palpite lentement. Ses doigts trouvent la chaine qui lie les tétons et elle tire doucement dessus, de plus en plus fort, encouragées par l’intensification de la respiration de Paule. Elle ouvre à demi les yeux et voit, à travers ses cheveux en désordre, le visage de Paule qui se contracte et les mains de Béatrice qui lui caressent la tête. Clémentine tire encore une fois, plus fort, et arrache un cri à Paule. Elle enlève les pinces et lèche ses seins goulument, suce ses tétons endoloris. Béatrice s’approche de Clémentine, lui écarte les cheveux du visage, lui caresse la joue puis la nuque puis l’embrasse sur la bouche. En se retirant, elle emporte dans ses dents sa lèvre supérieure, qui glisse peu à peu. Clémentine frissonne de plaisir quand sa lèvre se libère enfin. Béatrice la regarde et lui dit :
— Tu as un talent.
Et après un long sourire.
— Tu devrais faire ça plus souvent.
Puis, elle jette un regard amusé à Paule, qui acquiesce, semblant déchiffrer son expression. Béatrice se relève, s’assied sur la banquette, prenant le haut du corps de Paule sur ses genoux. Elle lui caresse les hanches d’une main et la tête de l’autre, avec tendresse. Le corps de Paule semble se détendre totalement entre les mains de Béatrice. Elle murmure quelque chose d’inaudible, un remerciement peut-être.
— Maintenant à ton tour, déclare Béatrice en se tournant finalement vers Clémentine. Je crois que tu as bien profité de tout ça et qu’il est temps d’en payer le prix, tu ne crois pas ?
Béatrice réajuste une à une les mèches de cheveux de Clémentine derrière ses oreilles puis lui enlace le cou de ses mains, serrant lentement et fermement. Clémentine balbutie une réponse inaudible. Béatrice la regarde dans les yeux, profondément.
— Ne t’en fais pas, tu vas aimer.
Béatrice ramasse négligemment la culotte de Clémentine sur le sol, la respire longuement, puis la place dans sa poche.
— Je la garde en souvenir, pour nous… et puis pour toi, qui ne risqueras pas de nous oublier sur le reste de ton trajet. Paule, apporte mes accessoires, poursuit-elle.
Paule se lève et va chercher la malle. Elle ouvre un nouveau tiroir. Clémentine retient son souffle. Partagée entre la pulsion de tout découvrir dans cette malle, et le désir de ne pas savoir, de rester dans le flou de l’imagination et des possibilités après cette rencontre. Le tiroir ouvert par Paule est divisé en cases rectangulaires couvertes de velours rouge. Chacune avec un numéro sur un médaillon doré.
— Ne te fie pas aux nombres, ils ne te diront rien, la prévient Béatrice.
Clémentine choisit un numéro au hasard. Elle soulève le rectangle de velours et découvre un objet métallique. Sa forme longue ne laisse pas de doute sur son utilisation et Clémentine en frémit d’anticipation.
— Pas trop mal pour commencer en douceur, ne t’en fais pas, on trouvera quelque chose de plus intense pour la suite, murmure Béatrice avec un clin d’œil. Elle place le jouet devant le visage de Clémentine et l’instruit :
— Suce le.
Clémentine approche ses lèvres, les pose sur la surface froide et aspire le métal dans sa bouche.
— Suce le bien, tu seras contente qu’il soit humide.
Clémentine acquiesce de la tête tout en noyant le jouet de salive.
— C’est bien, approuve doucement Béatrice.
Puis d’un ton plus dur :
— Pose tes bras sur la banquette.
La tête et les bras sur le tissu, Clémentine halète de peur et d’impatience. Elle sent les ongles de Béatrice s’enfoncer dans les fesses et ses cuisses. Elle voudrait crier mais a peur d’alerter le wagon ou de mettre fin à ce jeu. Béatrice lui caresse l’intérieur des fesses du bout des doigts.
— Paule va s’occuper de toi un petit peu. Je te prendrai ensuite, quand tu seras prête pour moi.
Clémentine sent maintenant les mains plus chaudes de Paule sur son corps, et sa langue sur la fesse droite. Puis elle sent le métal, froid et lisse.
— Détend-toi, lui ordonne Béatrice.
Excitée par ce ton, Clémentine s’abandonne, sent ses muscles s’étirer et le froid entrer dans son corps. Elle prend connaissance de zones inexplorées. Sa conscience est à la fois entièrement sur le contact du métal qui la remplit, et dans tout son corps qui lui semble irradier de plaisir. Paule tourne lentement le jouet sur différents axes, le rentre et le sort peu à peu. Clémentine sent ses tétons et son clitoris se dresser contre la banquette et frotter contre le tissu. Progressivement, le métal lui semble moins large, son corps l’accueille souplement. Elle est sortie de sa transe par Béatrice qui lui redresse la tête en lui tirant les cheveux.
— ça te plait ? tu es contente que Paule s’occupe de toi encore une fois ?
— Oui, oui, oui, répond Clémentine.
— Alors, profites-en encore quelques instants, car ce sera bientôt à moi que tu auras à faire, et je suis moins douce.
Clémentine voit vaguement Béatrice se lever et s’affairer avec la valise, trop prise par ses sensations pour distinguer plus nettement la scène. Quand Béatrice revient devant elle, elle porte un harnais avec un grand gode noir en silicone velouté. Paule s’est arrêtée et Clémentine revient à elle. Les cheveux en désordre, collés à ses tempes par la sueur, elle tombe instinctivement à genoux devant le gode et le suce profondément, les yeux clos. Quand elle sent le métal se retirer de ses fesses et le silicone de sa bouche, elle sait que Béatrice va la prendre. Le silicone la pénètre avec force. Plus doux mais plus gros que le métal. Elle sent les mains de Béatrice saisissant la chair de ses hanches, serrant ses seins, tirant ses cheveux, enveloppant sa nuque… Elle sent les cuisses de Paule qui se rapprochent d’elle et effleurent ses joues, la caresse de ses poils, l’odeur enivrante de son sexe, puis son goût amer. Ses lèvres et sa langue tremblent contre Paule, au rythme des chocs de Béatrice qui transportent tout son corps. Elle ne sait plus si ses yeux sont ouverts ou fermés, mais elle ne voit plus rien, n’entend les soupirs des deux femmes qu’au loin, comme si elle était sous l’eau, noyée dans son plaisir. Elle sent son corps comme elle ne l’a jamais senti quand le silicone s’enfonce de plus en plus loin. Une vibration suivie d’un choc plus fort que les autres déclenche son extase. Haletante, retrouvant progressivement tous ses sens, elle comprend qu’elles viennent de s’arrêter en gare. Cette réalisation est comme une claque. Déjà ? Ses collègues l’attendent, ils doivent la chercher… peut-être sont-ils là, prêts à faire irruption dans le compartiment, rejouant ironiquement la scène de son arrivée à elle. Elle panique. Remercie les deux femmes en balbutiant, referme sa chemise à la hâte et s’enfuit hors du compartiment.
Plusieurs heures s’écoulent avant que Clémentine ne puisse se libérer et revenir à la voiture des mystérieuses voyageuses. Quand elle ouvre la porte en tremblant, elle sait que sa peur est fondée. Et elle trouve le compartiment désert. Le train a desservi plusieurs gares, les inconnues ont dû y descendre pendant son absence. Alors que Clémentine sent son cœur se serrer, elle remarque quelque chose sur la banquette. Une enveloppe bombée. Elle y trouve le jouet de métal, étincelant, ainsi qu’une note manuscrite :
« Mademoiselle la contrôleuse, nous devons quitter ce train et nous apercevons avec désarroi que vous avez oublié de vérifier nos titres de transport ! Viendriez-vous remplir votre devoir afin que nous soyons en règle ? Voici notre adresse. ».